Lycée Professionnel Privé Saint-Joseph Lyon

 

Au cœur de la Maison d’Izieu

Ce vendredi 6 mai 2022, nous nous rendons à la Maison d’Izieu, plus précisément trois classes du LPP St Joseph (Garibaldi), accompagnées de Mmes Forrat, Le Berre, Ricci, Pellat, enseignantes de Lettres-Histoire, afin de visiter un « lieu de mémoire » selon l’expression de l’Historien, Pierre Nora.

 

Cette Maison accueillit, encadra, protégea des enfants dès le début du XIXème siècle et avec plus de force pendant la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), et plus particulièrement des enfants juifs. Ces derniers représentent un ennemi comme les adultes pour le régime nazi, raciste, qui définit des populations « indésirables » selon ses critères d’appréciation et n’hésite pas à les stigmatiser, dès les lois de Nuremberg, adoptées par le IIIème Reich dès 1936 et les deux statuts des juifs (octobre 1940 et juin 1941), adoptés par l’État français, le gouvernement de Vichy, dirigé par le Maréchal Pétain et des individus comme Pierre Laval, qui se complaisent dans une politique de collaboration avec l’occupant nazi…

Maison Izieu 2022Dès le début de la guerre, l’OSE ou Œuvre de Secours aux Enfants se donne pour mission de cacher les enfants pour les préserver, permettre le maintien d’un semblant de vie quotidienne et de leur faire passer la guerre, ici ou ailleurs…Durant la Seconde guerre Mondiale, l’OSE tente de cacher les enfants à la campagne, en zone non occupée jusqu’au 11 septembre 1942, afin de leur permettre de manger à leur faim et de vivre relativement sereinement même si l’on a bien compris qu’il n’est pas possible de faire comme si car la guerre et ses privations sont là ; les enfants ont des âges différents, des langues différentes, certain-es ont déjà été en prison…

À partir de 1942, l’étau se resserre sur la Maison d’Izieu sous l’autorité de Klaus Barbie, surnommé Le boucher de Lyon, qui pourchasse les juifs, sans limite et parvient jusqu’à la Maison d’Izieu, le 6 avril 1944 : ce sont 44 enfants, juifs, et leurs 7 accompagnateurs, qui sont arrêtés et déportés vers le camp de mise à mort, Auschwitz-Birkenau. Loin du havre de paix de ce lieu, les médiateurs tiennent à nous rappeler que certes, ces 44 enfants et leurs 7 accompagnateurs appartiennent à l’histoire et à la mémoire des lieux comme les 60 enfants, qui survécurent et écrivirent d’autres pages…
Au fur et à mesure de la visite, nous approchons des enfants au plus près grâce à leurs écrits, leurs dessins et les photographies, récupérés le lendemain de la Rafle, par Mme Zlatin pour faire œuvre de Mémoire et d’Histoire ainsi que de constituer des preuves dans le cadre d’un procès et de la justice, qui nous sert à toutes et tous.

La maison d’Izieu est devenue un « lieu de mémoire » depuis 1994 et accueille, notamment des groupes scolaires, pour leur faire comprendre que nous sommes toutes et tous des citoyen-nes, qui devons conserver une conscience, critique et clairvoyante, du monde sans lequel nous vivons…

IMG 20220506 103848IMG 20220506 110144