Lycée Professionnel Privé Saint-Joseph Lyon

 

celestins logo mstqUne soirée aux Célestins...

Après nous être rendus dans plusieurs lieux de spectacles, nous nous rendons enfin aux Célestins, dans la grande salle ! L’émotion est au rendez-vous face à ce théâtre « à l’italienne » de la fin du XVIIIème siècle, c’est-à-dire en forme de « fer à cheval », qui connut de nombreuses péripéties jusqu’à sa rénovation en 2005 et la création de la Célestine.

 

 

Véra de Pietr Zelenka

La pièce tant attendue s’intitule Véra de Pietr Zelenka et raconte l’histoire d’une femme, jeune, dans la ville de Prague post-communiste ce qui nous permet de comprendre d’emblée les enjeux autour de la réussite professionnelle, la place de l’argent et, bien entendu, la complexité des relations humaines qui en résulte. Dès lors, en quoi cette pièce contribue à nous faire réfléchir sur le rôle des circonstances dans l’évolution d’un être humain et, plus précisément, dans la construction de son identité ? Véra est dynamique, volontaire, « organisée » comme elle si fière de le dire, peut-être trop, car elle s’adapte, en permanence aux aléas du quotidien comme un acteur qui ne se présente pas sur un plateau car frappé d’une grave crise existentielle et même la mort ne l’effraie pas comme lors de l’identification d’une de ses actrices qui donne le ton à la pièce, dès le départ... Mais ne nous y trompons pas : Véra s’épuise littéralement à paraître celle qu’elle n’est pas, du moins pas tout à fait, elle s’acharne à vouloir que tout fonctionne comme elle l’a décidé sauf qu’à l’occasion du rachat de son agence par une entreprise britannique, que l’on découvre sans scrupules, elle découvre les affres du capitalisme, à ses dépens. Elle est licenciée, sans vergogne, au cours d’une entrevue qui n’est même pas un entretien, qui se déroule en fin de journée, à l’occasion d’une arrivée impromptue de Béata et Mickaêl. Les nouveaux dirigeants lui signifient la multiplication des plaintes à son encontre et des pratiques, douteuses, qu’ils ne peuvent cautionner comme la circulation de substances licites. Face à eux, Véra semble abasourdie, ne comprend rien, stupéfaite par la brutalité de l’annonce. Dès lors, la chute commence inéluctablement jusqu’à son indigence : elle perd progressivement ses proches et le goût de la vie. Sa nuit, au cimetière, incarne ce moment douloureux où le seul objet encore en sa présence est l’urne qui contient les cendres de son père décédé, de chagrin et de la solitude. Véra se sent mal et cultive un cynisme qui la mène jusqu’à un geste terrible : allergique à la teinture d’iode, elle tente d’en finir cependant, la vie est plus forte et son heure, manifestement pas encore arrivée ! La main tendue, inespérée, d’un ancien protégé, lui fait caresser le doux espoir, tout simplement, que rien n’est finit.

Véra nous propose une réflexion constructive sur le temps qui passe et le sens que nous devons lui donner, l’espoir fondamental qui nous habite et notre humanité qui doit sans cesse s’exprimer.

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